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Les Acteurs de l’Ombre – Review (in French)

Many thanks to Lilith79 for spending time listening carefully “Au Creux d’un Arbre Mort…” and writing this review published in Les Acteurs de l’Ombre and to the producer for letting her know about Rosa Voragine Submersa.

Derrière le nom poétique de Rosa Voragine Submersa, se cache une jeune femme passionnée de musique, Aleadyna Lavin, qui a fondé son projet en 2007. Signée sous le label Seven Crow Records, qui m’a déjà enchantée de bonnes découvertes, Aleadyna propose un univers délicat qui sera aux confins de plusieurs styles. Balançant entre le néoclassique, la darwave et la néofolk, Aleadyna nous emmène dans un monde sombre et élégant à la fois. Le titre de cet album « Au creux d’un arbre mort », sonne d’esprit très gothique, et c’est avec joie que je me lance dans l’exploration des secrets nichés dans ce bois sec où dorment des rêves anciens… Cet album date de 2007 et depuis deux autres ont vu le jour, mais je commence donc par le premier afin de faire connaissance avec l’univers de la jeune musicienne.

 

Un aspect très baroque se déroule dès le premier titre, un parfum ancien avec une mélodie rappelant des airs du XVIIeme siècle. Le parfum suranné, pourtant non dénué de modernité, de ce « Prélude » nous happe par son élégance. Il est tout de suite enchaîné, fondu au titre suivant qui est une longue et délicate balade au clavecin « L’Ange et l’Orpheline ». Une mélancolie évidente nimbe ces volutes de notes aériennes, là on effleure plus le XVIIIeme siècle, et quelque chose de brumeux et sombre caresse le bois mort de l’arbre… Oui à n’en pas douter nous sommes immergés dans une œuvre très gothique. Très vite, je constate que l’album est purement instrumental, et bien que l’absence de chant m’ai semblé un peu dommage au départ, je me suis dit finalement que l’émotion de chacun des morceaux se passait aisément de paroles. Chacun des morceaux dégage quelque chose de spécifique, une impression, une époque. Une sensation de lourde tristesse ou bien de légèreté… Par exemple, « Apesanteur » porte bien son titre : ce morceau particulièrement éthéré mêle la légèreté des notes à une certaine pesanteur dans la mélancolie dégagée. Pour ce qui est des sentiments de spleen et de tristesse, le titre « Melancholia » justement y fait particulièrement honneur. L’un des titres contenant les mélodies les plus tristes de l’album je pense, et si tout à l’heure je parlais du XVIIIeme siècle, là je dirais que nous sommes plutôt plongés dans le XIXeme. Ecouter «Melancholia » me rappelle l’époque romantique, ou bien la lecture de certains poètes maudits…

 

En fait, sensations ou impressions de retrouver une époque donnée, chacune des douze compositions de « Au creux d’un arbre mort » nous offrira des visions et évocations spécifiques. En règle générale, nous aurons la vision de temps anciens, d’époques donc les souvenirs dormants reposent dans de vieilles boites à musique. J’aime particulièrement cet aspect « vieux souvenirs » que la jeune femme modernise pourtant très habilement. A noter que deux morceaux, parmi toutes ces compositions personnelles, sont des reprises : il s’agit de « An Distro Euz Vro-Zaoz » et la « Complainte de la Blanche Biche » qui sont des airs traditionnels. On sent dans chacun d’eux, effectivement, un côté ancien particulièrement marqué, mais de la façon dont ils sont repris, avec des claviers contemporains, cela leur donne une dimension tout à fait intéressante. C’est l’éponyme « Au Creux d’un Arbre Mort » qui conclura en beauté cet album. Dans cette mélodie légère, douce-amère, on aura l’impression de s’éveiller d’un rêve ou bien d’arriver au terme d’une errance, brumeuse mais agréable.

 

En somme, je ne peux que me réjouir de la découverte de ce projet (merci à Sébastyén D. de m’en avoir parlé) ; et de ce label car je sens qu’il sera riche de belles découvertes concernant la scène dark/goth/néofolk hexagonale. Avec ce premier album, j’ai beaucoup apprécié l’univers d’Aleadyna Lavin, et je suis curieuse à présent d’écouter ses travaux succédant «Au creux d’un arbre mort ». Ce qui est possible avec le site web que je mets en lien, peut-être d’autres chroniques suivront-elles pour ce beau projet ! Pour l’heure, savourez avec moi les secrets dormants au creux de ce bois mort, sous l’écorce de la mélancolie. Si vous aimez aussi les ambiances sombres et les souvenirs d’époques révolues, je pense que ce disque vous plaira.

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